La généalogie d'Hervé
" Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli. "
Victor Hugo
La généalogie d'Hervé
" Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli. "
Victor Hugo

 

(Claie)

Les homicidiés est le terme utilisé en Nouvelle-France et en France à la même époque pour désigner les gens qui se sont suicidés. Le suicide a été considéré comme un acte d'infamie depuis l'antiquité. Les romains brûlaient les suicidés en l'absence de la famille et sans prière. La religion catholique punissait cet acte et privait ces morts du Royaume de cieux.
L'empereur Marc Antoine avait conçu et modernisé une loi sous cette forme : Si votre père ou votre frère, n'étant convenu d'aucun crime, se tue ou pour se soustraire à de grandes douleurs, ou par dégoût de la vie, ou par démence, que son testament soit valable ou que ses héritiers succèdent par l'intestat.

L'Église romaine s'en ait largement inspiré mais interdisait toute forme de sépulture normale au défunt, Charlemagne aussi mais avec plus de largesses en autorisant les psaumes.
Au moyen-âge et dans le nord de la France, les biens étaient confisqués, la Bretagne avait adopté la pendaison du suicidé par les pieds, à Abbeville, le suicidé était trainé par les pieds. Louis XIV instaura une ordonnance criminelle commune (1640) et régla dans les moindres détails le supplice affligé au suicidé et la procédure du procès criminel 1.

Le Conseil Souverain de la Nouvelle-France avait donc obligation de respecter les règles imposées par le roi de France que l'on retrouve dans les registres et documents de la Prévôté de Québec :

Procédures criminelles contre le cadavre du nommé Saint-Germain, soldat de la compagnie de La Groix (Lagrois ou Lagroix), qui avait été condamné aux galères pour crime de désertion par le Conseil de guerre et qui s'est étranglé (suicide) dans son cachot à la prison de Québec et dont le cadavre a été découvert par Marie-Anne de Laporte, épouse du geôlier François Genaple. 18 août 1690 - 20 août 1690, source BAnQ

Ordonnance du Conseil Supérieur de Québec enjoignant que la sentence en appel à minimâ de Marie-Anne Gendron, accusée de s'être pendue et étranglée (suicide) et condamnée d'avoir détruit et homicidé son enfant (infanticide), rendue par le lieutenant général civil et criminel des Trois-Rivières le 28 février 1732, sera effective, soit à une potence qui sera dressée en place publique et de ce fait son corps jeté à la voirie par l'exécuteur de la Haute justice, sauf que l'exécution de celle-ci se fera à Québec au lieu des Trois-Rivières et enjoint de faire publier dans les villes de Québec, de Montréal et des Trois-Rivières l'ordonnance du Roi Henri II du mois de février 1556 concernant les femmes et les filles qui cachent leur grossesse et enfantement, enregistré par le Conseil supérieur de Québec le 2 octobre 1719, selon la déclaration du Roi du 2 août 1727. 24 mars 1732 [Insinué entre le 4 juin 1732 et le 17 juin 1732] Source BAnQ.
- 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Procès contre le cadavre du nommé Dupuis (Dupuy), qui s'est homicidé (suicidé) lui-même dans le bois derrière l'Hôpital général, en se pendant et s'étranglant ; mention du procès-verbal de transport, acte d'acceptation fait par ledit Pilote nommé curateur audit cadavre, mention des dépositions de cinq témoins, interrogatoire dudit Pilote, récolement et confrontation en présence du curateur, interrogatoire du curateur ; ledit défunt Dupuy est trouvé coupable de s'être homicidé lui même, sa mémoire est condamnée à perpétuité, son cadavre sera attaché par l'exécuteur de la haute justice au derrière d'une charrette et traîné la tête en bas et la face contre terre par les rues de la ville, jusqu'à la place royale en la Basse-Ville de Québec, de là, ledit cadavre sera ramené aux prisons où il sera pendu par les pieds à une potence pour y demeurer 24 heures, il sera ensuite jeté à l'eau, tous ses biens situés en ce pays seront confisqués au profit de Sa Majesté, suit le prononcé de la sentence et le curateur dudit cadavre se porte appelant de ladite sentence. 23 mai 1735 Source BAnQ.

Procès criminel pour suicide en prison contre le cadavre de Marie-Anne Lespérance (L'Espérance), native de Montréal, âgée de 17 ans, fille de Jean Magnan dit Lespérance, couturière de son métier et vagabonde, préalablement accusée de vol des deniers et de divers effets en la maison du sieur Augustin Dupil, habitant de la paroisse de Saint-Pierre, en l'île d'Orléans. 14 février 1730 - 15 juin 1730 Source BAnQ

Procédures criminelle contre le cadavre de Jacques Roberge, suicidé d'un coup de rasoir au bas du ventre; ce dernier ayant vraisemblablement perdu la raison suite à la réception de nombreux coups de pied de cheval. 20 mars 1732 - 21 mars 1732 Source BAnQ

Ordre d'entendre Anne de Laporte, femme de François Genaple, concierge des prisons de Québec, ainsi que Jacques-Marie et Marie-Madeleine Genaple, leurs enfants, au procès d'Étienne Chipault dit Beaufort, soldat de la Compagnie de Degrais, accusé de s'être pendu pour se procurer la mort (suicide). 9 avril 1699 Source BAnQ

Sentence condamnant Etienne Chipault dit Beaufort, soldat de la Compagnie de Degrais, dûment atteint et convaincu d'avoir attenter à sa vie (suicide) en se pendant à une lisière dans les prisons de Québec, et ce dans un moment de désespoir causé par une passion démesurée d'amour, suite au rapport qu'on lui venait de faire stipulant qu'on était résolu à l'éloigner de la fille qui lui causait cette passion, à être battu et fustigé nu de verges sur les épaules par l'exécuteur de la haute justice (bourreau) aux carrefours et aux lieux accoutumés de la ville de Québec, en chacun desquels il recevra sept coups de verges, au bannissement perpétuel de ce pays, à tenir prison jusqu'au départ du vaisseau dans lequel il sera renvoyé pour la France et en la somme de 50 livres d'amende envers le Roi et à aumônier au bureau des pauvres de cette ville une pareille somme de 50 livres. 30 avril 1699 Source BAnQ

Déclaration du greffier du Conseil, Peuvret de Mesnu, à l'effet que la sentence du 30 avril 1699 fut prononcée à Étienne Chipault dit Beaufort, soldat de la Compagnie de Degrais, dûment atteint et convaincu d'avoir attenter à sa vie (suicide) en se pendant à une lisière dans les prisons de Québec, dans une antichambre du dit Conseil et à la porte de la prison lorsque l'exécuteur de la haute justice (bourreau) est venu le quérir sur les trois heures  et en la somme de 50 livres d'amende envers le Roi et à l'aumônier au bureau des pauvres de cette ville une pareille somme de 50 livres. 30 avril 1699 Source BAnQ

Prononcé de l'arrêt du 16 avril 1708 concernant la condamnation du cadavre suicidé du nommé Guérin (suicide), à être privé de sépulture ecclésiastique et à être jeté dans la voirie, à Jean Auger (Oger), huissier en la Prévôté de Québec et curateur nommé d'office du dit cadavre. 16 avril 1708 Source BAnQ

Sources :

1. Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Volume 92 Par Amédée Dechambre

 

  Et vous, avez-vous rencontré des homicidiés dans votre famille ?

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Recherche

Annonceurs

Pour en faire plus avec votre généalogie,
je vous conseille les sites suivants pour faire vos recherches :

Archives

Powered by mod LCA

Calendrier

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
26
27
28
29
30

Connexion

En créant un compte sur ce site vous serez automatiquement inscrit à l'infolettre.

REMARQUE ! Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires.

Si vous ne changez pas les paramètres de votre navigateur, vous êtes d'accord. En savoir plus

J'ai compris

Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires

Les cookies utilisés sur ce site Internet " La généalogie d'Hervé " servent à faciliter l’utilisation du site en se souvenant de vos préférences et paramètres choisis. Nous utilisons également des cookies pour mieux comprendre comment les visiteurs utilisent le site Internet " La généalogie d'Hervé " .

Si vous voulez en savoir plus, visitez la page de confidentialité.