La généalogie d'Hervé
" Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli. "
Victor Hugo
La généalogie d'Hervé
" Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli. "
Victor Hugo

  Louis LE GAL

Louis LE GAL vers 1910

Louis Marie LE GAL est un de mes arrières-grands-pères maternels, il est né le 5 mars 1874 à Plumergat (Morbihan) et décédé le 2 avril 1933 à Saint-Philibert (Morbihan). Il était meunier de profession.

Je ne connaissais pas vraiment cet ancêtre si ce n'est que de nom et des données purement généalogiques, quelques décennies nous séparent et seulement trois générations de différence, et pourtant, j'ai connu les lieux où il a habités dont le moulin de Kerlioret à St-Philibert (Morbihan), j'y faisais souvent des promenades dominicales avec mes parents et ma grand-mère maternelle, fille de Louis Le Gal. Je me souviens que ma grand-mère se posait souvent les mêmes questions : Qui sont les nouveaux propriétaires ? Combien coûte maintenant la propriété ? Elle y faisait aussi des remarques concernant les changements apportés, comme par exemple un mur sur-élevé, un arbre coupé.

Je ne pensais pas à l'époque que quarante ans plus tard j'allais en parler ici ! Et oui, cela fait quarante ans j'ai foulé le sol de Louis Le Gal et je m'en souviens comme si c'était hier. Je me souviens aussi que ma grand-mère regrettait que la propriété ne soit plus restée dans la famille ; le coin est tellement beau ! J'y retourne encore lors de mes escapades en Bretagne. Seulement voilà, Louis Le Gal a eu onze enfants avec sa femme Marie Joseph Jouanno, et lorsque vient le moment de l'héritage, et bien il faut partager.

Famille LE GAL

La famille de Louis Marie Le Gal - Photo familiale (ma grand-mère au 2ème rang, 3ème à gauche)

 Moulin de Keriolet

Moulin à marée de Kerlioret

Louis Marie Le Gal est né à Kerlan commune de Plumergat le cinq mars à l'heure de minuit fils légitime de Mathurin, âgé de trente-sept ans, profession de meunier et de Jeanne Tatibouët âgée de vingt-trois ans, profession de meunière demeurant à Kerlasten.

Registre matricule de Louis LE GAL

Registre matricule de Lorient - Classe 1891 - Fiche numéro 1821 - Cote R1032

Louis quitte le milieu familial pour rentrer à l'armée en tant qu'engagé volontaire pour les équipages de la flotte, Matelot 1ère classe fusilier breveté matricule 10166 et obtint un certificat de bonne conduite. Il fut basé à Lorient (Morbihan) entre le 19 mars 1891 et le 1 novembre 1898.

Registre matricule de Louis LE GAL

Il fut passé dans l'armée de réserve en 1901, suivi une période d'exercice en 1907, libéré du service militaire le 19 mars 1916 et le 30 mars 1918. Il n'a pas fait la première guerre mondiale puisqu'il avait déjà fait sept années de volontariat et il était père de 6 enfants en 1914.

Registre matricule de Louis LE GAL

Je savais que ses premiers fils, Jean Le Gal et Louis Le Gal furent nés en 1906 et en 1907 à Angers sans connaître la raison pourquoi Louis Marie Le Gal s'y trouvait sachant qu'il fut meunier dans la région d'Auray (Morbihan). Le registre militaire confirme ce fait, il habite début 1906 à Angers au 3 rue de la Blancheraie. Après quelques recherches et par personne interposée via le Fil d'Ariane (que je remercie au passage), j'apprends que le recensement de 1906 d'Angers a été perdu dans les flammes, mais cette même personne m'a trouvé les actes de naissances des fils Jean et Louis à Angers. L'État civil retrouvé par la suite dans le quotidien Le Courrier d'Angers vient appuyer ces naissances et confirme son adresse à Angers.

Acte de naissance

Mr Louis Marie Le Gall, employé de chemin de fer, âgé de trente trois ans, demeurant à Angers, rue de la Blancheraie 3.

Journal d'Angers  Journal d'Angers

 État Civil d'Angers - Le Petit Courrier d'Angers du 20 mai 1906 & du 21 novembre 1907 (AD49)

L'adresse est identique au registre matricule, sa profession est dévoilée. Je pense que peu de membres de la famille ne savent que Louis Marie a été cheminot pendant une période estimée à deux ans. La rue de la Blancheraie est devenue une avenue, à quelques pas de la gare St-Laud. J'ai fait une demande de dossier au Service Archives et Documentation de Béziers (les archives de la S. N.C.F.) pour en savoir un peu plus mais il n'existe pas de dossier à son nom, peut-être n'est-il pas resté assez longtemps pour bénéficier d'une pension de la Société.

Carte postale d'Angers

Gare de Saint-Laud - Angers - Septembre 1906

Louis Marie s'installe fin 1908 à Plescop puis à Saint-Philibert en tant que meunier, tous les enfants suivant naitront à la maison dont ma grand-mère maternelle. Il deviendra également maire de la commune et il décéda en 1933. Un de mes cousins connait une partie de l'histoire de la famille de Louis marie qui lui a été transmise de bouche-à-oreille et qu'il a bien voulu me la partager :

Les meuniers étaient des gens aisés, c’était le gratin des paysans. Tous les paysans passaient par eux, ils ne pouvaient pas changer de meunier, dans le coin il n’y avait que trois moulins, Kerlioret, Coët Courzo à Locmariaquer, le Lac à Carnac. Ils étaient détestés car ils tenaient les paysans dans leurs mains, s’ils n’aimaient pas quelqu’un ils pouvaient laisser du son dans la farine, et ils fixaient les prix, par ailleurs, ils n’étaient pas considérés comme de vrais paysans car ils ne produisaient pas, ils ne faisaient que transformer, donc profiter du travail des autres. J’en ai eu confirmation avec la propriétaire actuelle du moulin de Kerlioret : "on n’aimait pas les Le Gal". Leur aisance devait rendre les meuniers en général un peu arrogants, je suppose. De plus les Le Gal avaient 11 gosses, ils étaient aussi nombreux que tous les autres membres du village. Jean Le Gal a été maire, c’est un signe de "notabilité". Tante Agnès de Kerlioret m’a dit que quand les filles du moulin passaient pour aller à l’école, on les remarquait.
- L’attitude “noble” sur les photos ne signifie rien d’autre qu’une attitude de dignité. Dans le monde rural chacun tenait son rang, on avait de beaux costumes qu’on sortait dans les grandes occasions, même si on était pauvre. Cela dit, la photo familiale que tu dois avoir est révélatrice de l’aisance, ma mère, qui est en bas à gauche, est habillée à la mode parisienne. Elle avait 9 ans.
- Tu t’es étonné du costume du grand-père prise quand il avait peut-être une trentaine d’années. Il porte le costume des meuniers de ce coin du Morbihan. Il est bleu clair. Le bagad de Vannes l’a repris, il s’appelle "Er Melinerion", les Meuniers.…

Melinerion

Le Melinerion, bagad de Vannes

Je ne sais pas si l'on peut qualifier cela d'anecdote mais parmi les sonneurs du bagad de Vannes, il y a deux arrières-petits-fils de Louis Marie que j'ai rencontrés lors de la venue du Melinerion à Montréal l'été passé. C'est rassurant de voir que de nos jours certaines traditions perdures et ainsi grâce à leur tenue vestimentaire je peux coloriser la photo de Louis Marie sans trop me tromper comme ceci :

Louis Le Gal

Louis Marie Le Gal

 

Sources :

- Photos familiales

- Archives du Morbihan.

- Archives de Maine-et-Loire.

- Archives de la S.N.C.F.

- Photo de L'air dans l'biniou

 

  Et vous, qu'avez-vous appris du bouche-à-oreille au sujet de vos grands-parents ?

Commentaires   

0 #2 Hervé 19-04-2016 17:23
Citation en provenance du commentaire précédent de Patricia R. :
Bonjour, cet article est très intéressant.
Il me semble que les hommes du service militaire participaient souvent à la construction des voies ferrées à cette époque.
Bonjour Patricia,

votre explication est tout à fait plausible et je n'y avais pas pensé, merci de me l'avoir signalée !
Cela me fait penser à mon autre arrière-grand-père dont je sais qu'il avait participé à la reconstruction après la Première Guerre Mondiale https://www.la-genealogie-dherve.com/articles/familles/261-pierre-francis-kergall-un-reconstructeur-breton-dans-lest-de-la-france.html

Hervé
Citer
+1 #1 Patricia R. 19-04-2016 15:51
Bonjour, cet article est très intéressant.
Il me semble que les hommes du service militaire participaient souvent à la construction des voies ferrées à cette époque.
Citer

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Recherche

Annonceurs

Pour en faire plus avec votre généalogie,
je vous conseille les sites suivants pour faire vos recherches :

Archives

Powered by mod LCA

Calendrier

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
26
27
28
29
30

Connexion

En créant un compte sur ce site vous serez automatiquement inscrit à l'infolettre.

REMARQUE ! Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires.

Si vous ne changez pas les paramètres de votre navigateur, vous êtes d'accord. En savoir plus

J'ai compris

Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires

Les cookies utilisés sur ce site Internet " La généalogie d'Hervé " servent à faciliter l’utilisation du site en se souvenant de vos préférences et paramètres choisis. Nous utilisons également des cookies pour mieux comprendre comment les visiteurs utilisent le site Internet " La généalogie d'Hervé " .

Si vous voulez en savoir plus, visitez la page de confidentialité.