Vivaldi, 17 Concerto in A minor RV397 - Largo

 Citations de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais :
Les femmes sont comme les girouettes : quand elles se fixent, elles se rouillent.

Voici le parcours peu banal de Judith Rigaud qui n'a pas pu se fixer !

Une femme, c'est comme une girouette, quand elle vieillit, elle se fixe ! - See more at: http://www.humour.com/blagues/une-femme-cest-comme-une-girouette-quand-elle-vieillit.htm#sthash.34aeMTnA.dpuf

Judith Rigaud, ancêtre de Chloé (ma fille) 2 fois à la génération 12 et 1 fois à la 13, est née vers 1633 à Saint-Jean-d'Angély (Charente-Maritimme) fille d'Élisée et Suzanne Dugast, elle a été engagée par Marguerite LeGardeur en 1651 à La Rochelle pour travailler au service de Jacques Leneuf de la Poterie de Trois-Rivières en Nouvelle-France.

Elle passe un contrat de mariage avec François Lemaître dit Lamorille dit LePicard soldat de la garnison de Trois-Rivières, fils de Denis Lemaistre et Catherine Deharme, signé le 24 février 1654 par devant le notaire Sévérin Ameau dit Saint-Sévérin puis elle l'épouse le 6 mai 1654 à Trois-Rivières, Mauricie.

Le couple s'installe aux Trois-Rivières et y auront 7 enfants :

Pierre Lemaitre 02 Fév 1655 - 13 Août 1711 - (Lemaitre dit Lottinville Lieutenant de milice)
Francois Lemaitre 09 Fév 1656 - 13 Mai 170 (Sieur de LaMorille - marchand bourgeois)
Marie-Louise Lemaitre 29 Juil 1657 - 02 Nov 1733 (Cabaretière à Louisbourg)
Noel Lemaitre 24 Déc 1658  - 1666
Marguerite Lemaitre 16 Fév 1660 - 1666
Jean Lemaitre 24 Oct 1661 - 14 Avr 1710 (Sieur de Lalongé - marchand bourgeois)
Marguerite Lemaitre 23 Jan 1664

Les relations avec son employeur se dégrade, elle brise les meubles et en juin 1654, madame LeGardeur et Judith s’affrontent en court de justice parce qu'elle refuse de terminer son contrat de cinq ans.

Son mari François Lemaître lui aussi fait des coups d'éclats. Il apparaît dans plus de 20 dossiers judiciaires, soit en défense ou en poursuite, entre les années 1654 et 1666. Il accumule des dettes de jeu et s'adonne à la boisson.

Requête de François le Maistre (Lemaître), tailleur, demandeur, contre Baptiste Bourgery, défendeur, lui enjoignant de prouver ses accusations, à savoir qu'il traitait de l'eau-de-vie (alcool) aux Sauvages (Amérindiens). Ledit le Maistre est condamné à payer les dépens du procès pour s'être mis le premier à se quereller sur un avertissement fait en particulier . - 14 octobre 1656 (Source BAnQ TL3,S11,P66)

Requête de Barthélemy Bertaut (Bertault) contre François Maistre (Lemaître), pour la somme de 36 livres gagnée au jeu. Ledit Maistre niant avoir perdu. Ordonné audit Bertaut de faire paraître des témoins . - 24 mai 1659 (Source BAnQ TL3,S11,P110)

En 1665, Judith doit se rendre en France pour affaires de succession, elle était alors enceinte, l'histoire ne dit pas si elle le savait ou pas. Les bateaux faisaient la traversée de l'Atlantique entre les mois d'avril et novembre car le fleuve Le Saint-Laurent est gelé pendant l'hiver. Au pire elle était enceinte de 4 mois en prenant le dernier bateau pour la France. C'est ainsi que son fils Charles Lemaitre nait le 15 Avr 1666 (dit Auger Engageur pour l'Ouest) à Saint-Jean-du-Perrot à La Rochelle.

 

(Baptême Charles Lemaitre - Saint-Jean-du-Perrot 1666 - Vue 16)

De retour à Trois-Rivières en été 1666, elle apprend que son mari François est décédé pendant son absence le 14 janvier 1666. On retrouva le corps de François étendu dans un champ avec une blessure sévère à la tête. Ceux qui le découvrent pense qu'il a été assommé et scalpé par un indien. C'est alors Judith qui s'occupera de la traite et elle réglera les problèmes de feu son :

Comparution de Judith Rigaud, femme de François le Maistre (Lemaître), demanderesse, à la demande de François Bellenaut (Bellenaud) pour des soins médicaux prodigués et des visites effectuées par ce dernier audit le Maistre . - 25 septembre 1660
Le serment a été prêté par ledit le Maestre (le Maistre - Lemaître) pour une somme de 15 livres due à Germain le Barbier (Barbier). Pièce provenant du Registre no 2 des audiences de la Juridiction royale des Trois-Rivières, f. 4r. (Source BAnQ TL3,S11,P497)

Comparution de François le Maistre (Lemaître), représenté par sa femme, Judith Rigaud, adjudicataire pour la somme de 8 livres 6 sols, laquelle dit retenir entre ses mains car due par feu Pierre Guilloteau (Guillot) pour différentes marchandises. Adjugé la somme de 8 livres 6 sols dont elle est adjudicataire . - 23 juin 1662 (Source BAnQ TL3,S11,P234)

Requête de Louis Pinard, maître chirurgien, demandeur, contre Judith Rigaud, veuve de feu François le Maistre (Lemaître), défenderesse, demandant la somme de 66 livres et 10 sols, que ledit Pinard a payée pour ledit le Maistre en vertu d'une sentence donnée par nous à Champlain . - 9 septembre 1675 (Source : BAnQ TL3,S11,P1491)

Judith, jeune veuve de 34 ans, se remarie avec un marchand Jean Therrien dit Duhaime, le 24 janvier 1667 à Trois-Rivières. Ils auront un enfant, Jean-Baptiste né le 16 mars 1669. La même année elle veut se défendre seule pour des dommages qu'on lui a fait, le juge est alors Sieur de Saint-Quentin (Quentin Moral).

Requête du sieur de Saint-Quentin, demandeur, à l'encontre de Judith Rigaud, pour qu'elle nomme un arbitre pour légitimation du dommage fait dans ses grains par les cochons qu'il tient enfermés chez lui. Ladite Rigaud refuse de faire la nomination alors Jacques Ménard dit Lafontaine (La Fontaine) et Nicolas Barabé (Barabbé) sont nommés d'office pour effectuer l'évaluation dont ils feront rapport . - 14 septembre 1669 (Source BAnQ TL3,S11,P1055)

En 1670, Jean Therrien part en expédition de traite alors que Judith est enceinte. Jean Therrien ne reviendra pas de l'expédition. On assume qu’il décéda pendant le voyage vers l'ouest.

Judith n'est restera pas là, elle quitte Trois-Rivières et s'installe à Louiseville, elle fera la rencontre d'un médecin, Jean de la Planche, qui passe la majeure partie de son temps à faire lui aussi de la traite. Ils s’épousent le 6 octobre 1675, et lors d'un voyage en France en juin 1678, le docteur Laplanche décède aussi.

En 1678 elle a des problème avec un certain abbé, Jean Cavelier.

Réception en appel de Judith Rigaud, femme de Jean Laplanche, chirurgien, actuellement en France, d'une sentence rendue par le bailli de Montréal au profit du messire Jean Cavelier, prêtre, le 22 mars 1678 . - 14 juin 1678 (Source BanQ TP1,S28,P2063)

Arrêt renvoyant l'appel pris d'un jugement du bailli de Montréal le 22 juillet 1678, par Judith Rigaud femme de Jean Laplanche, chirurgien, présentement en France, comme procuratrice de Jacques Passard LaBretonnière, son gendre, contre messire Jean Cavelier, prêtre; ladite Rigaud est condamnée à payer la somme de 100 sols d'amende et aux dépens des deux instances . - 29 août 1678 (Source BAnQ TP1,S28,P2124)

En 1679, elle fut mise en accusation pour avoir déserté le domicile familial, alors que son mari est décédé. Elle fut en compagnie de Pierre Cavelier à Montréal. Il se trouve que Pierre Cavelier est locataire du docteur Laplante ! Le tout Montréal est scandalisé. La rumeur courant à alors à Montréal est qu'un abbé disait que cette affaire n'était pas si triste que ça, mais on disait que '' Le sieur Abbé n’a pas qu’un seul adversaire (c’est-à-dire Pierre Cavelier) à confronter, il y a également une femme, et quelle Femme!!! ''. Pierre Cavelier a été emprisonné et Judith bannie pendant 10 ans de Montréal, elle aurait reçu le procureur avec une fourche !

Judith retourne vivre à Louiseville (recensement de 1681), avec sa fille Marie-Louise. Elle a 46 ans. Elle reprend son commerce de fourrures avec ses fils et un marchand de Québec, Joseph Petit dit Bruneau.

En 1685 elle retourne en France et se marie une nouvelle fois le 6 février 1686 à Saint-Jean-d'Angély, sa ville natale, avec Louis Gillet dit Laplante, elle a 53 ans.

Mariage Judith Rigaud et Louis Gillet - Saint-Jean-d'Angély - 1686 - Vues 7 et 8

Judith revient en Nouvelle-France avec Louis Gillet, il achète une maison dans la rue Saint-Paul à Montréal, le 8 mai 1688. Judith n'est sans doute pas présente ou alors ne s'est pas fait reconnaître car son bannissement de Montréal fini en 1689.

En 1689, Judith est présente au mariage de son fils Charles (celui né à La Rochelle) avec Madeleine Crevier à Montréal. Sept ans plus tard, elle assiste au mariage d’un autre de ses fils, Jean Lemaître dit Lallongé qui épouse Catherine Michelle Godefroy du Vieux-Pont le 22 novembre 1696 à Montréal.

Elle vit ses dernières années à Montréal où elle décède le 13 mai 1704.

Voici donc résumée la vie de Judith Rigaud, elle n'aura jamais été présente aux décès de ses 4 maris. Sa vie a été pleine de rebondissements, elle avait un fort caractère et ne se laissait pas menée. Il existe 37 documents administratifs, soit elle en tant que plaignante ou en tant que accusée, disponibles sur le site de la Bibliothèque et Archive nationales du Québec, utilisez le PISTARD, puis saisissez JUDITH RIGAUD dans le champ de recherche.

  Et vous, avez-vous une ancêtre aussi girouette ?

Commentaires   

0 #3 Danielle Liard 02-03-2018 17:49
Bonjour, quelques précisions et questions, Judith et son dernier époux Gillet sont présents au mariage de Charles en 1689, ils signent l'acte tous deux. Au mariage de Jean, ni un ni l'autre ne sont notés comme présents, et leurs signatures sont absentes du document.

Pour sa date de décès, quelle source avez-vous svp? Je ne trouve aucune trace de sépulture pour elle à cette date.

Merci de votre attention.

Danielle, descendante de Judith par Charles.
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+1 #2 Hervé 06-02-2015 20:38
Citation en provenance du commentaire précédent de François Chamberland :
Je suis aussi un descendant de François Lemaistre et Judith Rigaud, et je suis en désaccord avec le terme girouette, que je prend comme un manque de respect envers mon ancêtre. Judith Rigaud n'était pas une girouette autant qu'une femme endeuillée à plusieurs reprises. À cette époque, elle n'avait d'autre choix que de se retrouver un mari pour survivre et nourrir sa famille. Une femme de caractère, non soumise oui, mais une girouette certainement pas
François, vous êtes comme une grand majorité de québécois descendant de Judith, ma conjointe l'est aussi à plusieurs reprises.
À aucun moment je ne manque de respect à Judith dans l'article, je retrace au meilleur de son parcours de ce que j'ai trouvé sur elle, en effet elle n'a sûrement pas eu une vie facile. Vous dites la même chose que la conclusion de mon article (texte en italique).
Le terme de girouette n'est pas là pour identifier son caractère, que vous et moi ne pouvons connaitre, après tout elle l'était peut-être, qu'en savez vous ?
Au fait une "femme girouette", en français ça ne veut pas dire une femme qui couche à droite et à gauche ! Cette expression québécoise n'est pas "juste". Une girouette est une personne qui change d'avis aux 5 minutes !
Donc ce n'est pas au second degré que j'ai pris ce titre mais bien au premier degré, avez-vous remarqué le sens de navigation du bateau tout au long de l'article, le clin d’œil du premier degré était là.
Cet article a été repris dans la Revue Française de Généalogie Hors série n°38 comme un des meilleurs article de l'année.
http://www.pencalet.com/qui-suis-je/ils-parlent-de-moi/232-rfg-hors-serie-n-38-nouveaute-genealogie-et-histoire-familiale-sur-internet.html
La RFG avait donc compris le sens de ce titre.
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0 #1 François Chamberland 06-02-2015 19:59
Je suis aussi un descendant de François Lemaistre et Judith Rigaud, et je suis en désaccord avec le terme girouette, que je prend comme un manque de respect envers mon ancêtre. Judith Rigaud n'était pas une girouette autant qu'une femme endeuillée à plusieurs reprises. À cette époque, elle n'avait d'autre choix que de se retrouver un mari pour survivre et nourrir sa famille. Une femme de caractère, non soumise oui, mais une girouette certainement pas
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